Le plus honnêt possible...

Publié le par Adriana Evangelizt

Le plus honnête possible

par S.L.

De Sport fr

 S'il a mercredi, sur Canal+, largement évoqué les raisons et les conditions qui l'on poussé à commettre ce geste qu'il qualifie d'"impardonnable" à l'encontre de Marco Materazzi, le défenseur de l'équipe d'Italie, en finale de la Coupe du monde, Zinédine Zidane est aussi revenu sur le fabuleux parcours de l'équipe de France en Allemagne et sur son choix de retraite sportive, définitif.

Son coup de tête, il le sait, écrase tout ou presque. Mais avant de commettre ce geste "impardonnable", Zinédine Zidane a propulsé l'équipe de France sur une voie royale, celle d'un finaliste de la Coupe du monde, là où on avait un temps, à l'heure du premier tour, imaginé les Bleus sombrer une fois de plus aux portes des huitièmes de finale.

Un décalage dont Zidane, avec le recul, avoue avoir pris conscience: "Juste avant de partir en Allemagne, on ne comptait pas beaucoup sur l'équipe de France. Quelque chose s'était pourtant créée entre nous. On était peut-être en décalage avec les autres mais nous étions conscient qu'on pouvait faire quelque chose."

"Contre le Brésil? Pas mon plus beau match"

Pourtant, le début de la compétition, avec deux matches nuls face à la Suisse (0-0), puis face à la Corée du Sud (1-1), ne sont pas de nature à rassurer. "Les deux nuls auraient pu créer des tensions mais entre nous, il ne s'est jamais rien passé de négatif." Quant à la sortie de Zidane dans les toutes dernières minutes de jeu face aux Coréens et au supposé regard de défiance lancé par le meneur de jeu des Bleus à son entraîneur et sélectionneur, Raymond Domenech, elle n'a rien d'un clash, comme beaucoup ont voulu le laisser entendre: "Il n'y a jamais eu de fossé entre lui et moi. Tout était clair entre nous. C'est un faux débat. Si j'avais vraiment quelque chose à lui dire, je le faisais et lui aussi d'ailleurs. (...) Quant à ce regard, je suis très déçu, tout simplement. Qu'est-ce que vous croyez? Que je vais faire un grand sourire et taper dans la main de tout le monde? 0-0 contre la Suisse, 1-1 contre la Corée, il y avait de quoi être déçu, non..." Avec Domenech, Zidane qualifie sa relation de "simple, la plus honnête possible" en tant que "capitaine, de lien entre les autres joueurs et l'entraîneur."

La suite? C'est ce match et cette victoire (2-0) face au Togo, "le match référence, celui qui a permis d'oublier les mauvais résultats de 2002. Gagner, cela voulait dire qu'on passait à autre chose, qu'on se qualifiait et qu'on allait aborder un adversaire qui était censé nous être largement supérieur et ne devoir faire qu'une bouchée de nous." La suite, c'est en effet une succès (3-1) tonitruant qui cloue l'Espagne sur place, et ses provocations quant à la mise à la retraite de Zidane avec: "C'est désolant mais cela fait aussi partie du jeu. Il faut savoir accepter, mais quand ça sort du domaine sportif, c'est plus dur..." Un succès qui valide aussi une tactique payante: "On a joué presque tous les matches de la même façon. On a attaqué par à coups. On devait se rassurer en défense, puis faire la différence. On avait les joueurs pour ça. (...) Et puis, on est monté en puissance physiquement, le fruit de ce "risque pris par Robert Duverne (le préparateur physique) de programmer l'équipe pour être près en huitièmes de finale, en accord avec le sélectionneur." Autant de facteurs qui font alors qu'"on a pris beaucoup de confiance."

Jusqu'au chef d'œuvre du quart de finale face au Brésil (1-0) qui n'est "pas le plus beau match de ma vie, j'ai fait mieux", souligne modestement Zizou. "On joue contre les champions du monde. On n'a rien à perdre." Souvent mise en avant, la contre-performance brésilienne ne saurait tout expliquer: "On dit que le Brésil a mal joué. C'est plutôt nous qui avons bien joué. Et quand on bat les champions du monde, on a envie d'aller au bout." Et pourtant...

Et maintenant, la vraie vie...

Désormais, une autre vie s'ouvre pour Zidane, "un être humain, qui n'est pas parfait, qui a essayé d'être le plus honnête avec ce que je fais et avec ce que je représente, comme il le dira plus tard sur TF1 et qui a cette fois bel et bien sa carrière derrière lui: "Une décision sur laquelle je ne reviendrai pas, en tout cas, je l'espère. Beaucoup essayent de me convaincre de continuer mais c'est une décision que j'ai prise et je ne reviendrais pas dessus. Prendre une licence amateur dans mon quartier de toujours (La Castellane) pour jouer avec les potes, pourquoi pas..."

Mais la vie d'homme qui s'offre à lui lui réserve d'autres plaisirs, comme ce désir inassouvi jusqu'alors, celui de retrouver mes origines, la terre de mes parents, la découvrir. La vraie vie pour Zizou, loin du tumulte...

Sources : Orange

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans L'homme

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